La chute

« La liberté est comme la gravité. Quand on s'y jette et qu'on s'y abandonne, les vraies oppositions apparaissent et la vie avec elles, c'est-à-dire le mouvement, l'émotion »
Wilfride Piollet

(dans le film Les trois temps du corps)

La chute est toujours liée à la gravité. Elle est donc indissociable de la notion de poids.

Dans l’espace, la direction donnée par la chute est ainsi notre première référence : référence d’espace mais aussi référence de temps.

C’est le temps unique de l’engagement de soi qui correspond à la plus grande vitesse : vitesse du corps, et de l’esprit qui l’observe.

La chute appelle le poids, la matière, le réel, la précipitation. C’est tout cet imaginaire terrestre et gravitaire qui est mis en jeu.

La vie nous offre l’expérience des chutes premières : au moment de la naissance, de la verticalisation et de la marche.

  • la naissance est la chute originelle, tête la première.

  • la verticalisation amène la première chute où les jambes se dérobent : les tentatives échouées de redressement précipitent les fesses vers le sol.

  • la marche est une «chute maîtrisée», portée par l’intention : le corps décalé est projeté en avant, cœur «engagé».

Dans tous les cas, ces expériences obligent une relation ; à l’espace et au temps

nous l’avons dit, mais aussi toujours à soi-même.

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